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conceptions élémentaires concernant la peinture à l'huile

                                                                      par Leon Engelen 248kl.jpg (8677 bytes)
                                                                                                         traduction par Stephan Devreese             

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Il existe beaucoup de méthodes pour peindre. Toutes sont bonnes si l’on
emploie bien les matériaux. La technique selon laquelle je peins, est plûtot
simple. Elle peut être employée vite et par tout le monde qui possède un don
normal.

Il faut obtenir le plus de couleurs possibles avec le moins de tubes de peinture.
Aucune couleur ne peut être mise d’une manière mélangée sur la toile. Je
mélange la peinture en très petites quantités de sorte que de nouvelles couleurs
se forment constamment. Les couleurs diffèrent de cette manière; j’obtiens
toujours des variations dans la même palette de couleurs. La peinture est
mélangée au milieu de la palette. Quand un autre teint est nécessaire, la nouvelle
peinture doit être mise à côté des couleurs déjà mélangées. Chaque fois que je
fabrique un nouveau teint, je travaille en direction des couleurs déjà obtenues
avant. Ainsi j’obtiens une palette riche avec beaucoup de teints.

Quand une toile est entamée, il faut le faire avec le moins de peinture possible.
Quand la peinture est mise d’une manière trop dense, on ne peut plus mettre
une seconde couche avant que la première est sèche et is est impossible de
continuer. Le commencement est fait avec une brosse large et plate, dont les
poils sont faits de soie ou de poils de cochon et qui ont une longueur qui varie
entre 3 et 7 centimètres. La peinture n’est pas délayée avec du médium ou avec
de l’essence de térébenthine. Le délayage est seulement fait quand on travaille
avec des brosses fines 0 et 00. La peinture peut alors être employée comme de
l’encre, pour peindre les branches des arbres, des brins d’herbe ou du foin
pour ne prendre qu’un exemple.

La toile peut aussi être travaillée de façon que l’huile qui maintient la peinture
humide, entre plus au moins dans la fondation. Ceci rend possible de mettre
immédiatement une seconde couche, sans que les couches de peinture ne se
mélangent.

Pour travailler la toile vous-même, il faut procéder de la manière suivante :
Vous avez de la toile non-travaillée (de préférence doublement tissée), la colle
de peaux, de la poudre de craie et de l’eau. Premièrement, la toile est suspendue
de façon lâche au châssis en équerre. Il faut que vous teniez compte du fait que
la toile se rétrécit 10% lors du façonnage. Les grandes mesures doivent donc
être suspendues de manière lâche. Une fois la toile suspendue, la fondation se
fait en 3 fases.

Première fase. L’huile qui est dans la peinture ne peut atteindre la toile. Pour
éviter cela il faut d’abort mettre une couche protégeante. Cette couche est faite
de l’eau de cole qui contient 70 grammes de colle par litre d’eau, vous laissez
tremper les graines de colle une nuit dans l’eau. Quand on la chauffe (ne pas
faire bouillir) et qu’on remue, la colle se dissout facilement. L’eau de colle est
mise avec une brosse large sur la toile.

Seconde fase. Quand la première couche est bien séchée, il faut la frotter
légèrement. Ajoutez de la poudre de craie à l’eau de colle. On ajoute ¾ de litre
de craie dans 1 litre d’eau. Ce mélange est mis sur la première couche.

Troisième fase. Quand la seconde couche est bien séchée, il faut, à nouveau, la
frotter légèrement. Vous ajoutez de la craie à l’eau de colle qui ne contient que
40 grammes de colle par litre d’eau. On peut ajouter au moins 2 litres de craie à
l’eau de colle. Comme ça on obtient une bouillie qui est juste assez fluide pour
être mise de manière aisée mais qui donne tout de même quelques millimètres de
couverture. Quand la troisième couche est bien sèche, elle peut être frottée.
Premièrement il faut la frotter avec du papier de verre gros et après avec du
papier fin.

Les mélanges doivent être réchauffés pour préparer et pour mettre les
différentes couches. Prenez soin que la température reste sous le point
d’ébullition.

La plupart des marques de peinture offrent leurs teintures dans des qualités
différentes, de la peinture coûteuse et meins coûteuse. Nombreux sont les
peintres qui croient qu’ils doivent travaillera avec de la peinture coûteuse pour
obtenir le meilleur résultat. Rien n’est moins vrai, il faut se servir de la peinture
appropriée. La peinture coûteuse contient beaucoup de pigment (colorant) et
contient peu de matière de charge comme de la craie, de la cire d’abeille ou du
liège. Cette peinture a une très forte puissance de couleurs et elle est seulement
employée en vue d’être appliquée de manière très fine. Pour glacer ou pour
neutraliser les couleurs fortes pour ne prendre qu’un exemple. Plusieurs veulent
de temps en temps travailler avec un couteau de palette, et ils étendent la
peinture avec une couche bien épaisse sur la toile. La peinture coûteuse, faute
du plombage, se fêlera vite, mais les qualités moins chères ont suffissament de
corps pour tenir la peinture appliquée comme pâte dans un état parfait.

Il est aussi bon à savoir que les propriétés de certaines matières colorantes ne
permettent pas un faux traitement. Ainsi le blanc de zinc ne change pas de
couleur, mais il a bien la tendance à se fêler. Par contre le blanc de titane est
élastique mais jaunit. Donc le blanc de titane est approprié pour le fond, tandis
que le blanc de zinc est approprié pour les couches supérieures. Moi, j’utilise
toujours le « blanc de cremser » qui combine les bonnes qualités des deux
matières colorantes précédentes. Il reste inaltérable à condition qu’il y ait une
bonne couche de vernis.

Ma palette de couleurs se borne aux 15 couleurs suivantes :
Bleu de Sèvres
Ultramarin foncé
Terre d’ombre brûlée
Sienne brûlée
Jaune napolitain
Cadmium orange
Vert permanent
Blanc
Vert d’émeraude
Sienne terre
Jaune indien
Cadmium rouge foncé
Violet
Noir
Carmin foncé
Avec ces matières colorantes, il est possible de fabriquer toutes les couleurs.

Pour peindre j’utilise peu de pinceaux ou de brosses. Il est à recommander
d’avoir un deuxième exemplaire de chaque taille. Un pour les couleurs claires et
un autre pour des couleurs foncées afin d’éviter des nettoyages permanents.
Moi-même, je préfère travailler avec des brosses plates de 3 et de 7 cm, avec
une martre ou avec une imitation de 10 mm , avec une brosse taille zéro et avec
un traîneur (les cheveux longs de 3 cm numéro 4).

Placez toujours la toile nivellement et étroitement, et ne laissez jamais, en
peignant dans la nature, briller le soleil sur la toile. Faire de la peinture se fait
toujours dans des conditons médiocres, la lumière n’est jamais parfaite, puisque
quand la peinture est suspendue quelque part dans la maison, la lumière n’y est
pas parfaite non plus. Une peinture doit être faite avec un éclairage qui est
moins bon que celui sur l’endroit ou elle doit finalement être suspendue.

En peignant un paysage il faut prendre soin que l’horizon ne se trouve pas au
milieu, mais à un tiers ou deux tiers de la toile. Quand il y a des arbres dont la
taille est assez élevée ou des maisons en premier plan sur le tableau, l’horizon
doit se trouver en bas. Comme l’horizon se trouve toujours à la hauteur des
yeux, si l’horizon se trouvait plus haut que d’habitude, un arbre ou une maison
ne le dépasserait à peine, ainsi ils ne mesurent que 2 ou 3 mètres.

Quand l’air est obscur, il est nécessaire que le paysage soit clair et vice versa.
Ceci pour obtenir le contraste qui est indispensable pour la réalité et la force de
l’ensemble. Pour obtenir de la profondeur dans le paysage, on doit peindre tout
ce qui trouve en arrière-plan de manière vague, tant la forme que la couleur.
L’avant-plan doit être peint de manière contrastive. Un pré en avant-plan peut,
en bas, être peint de manière foncée, avec en dessus le vert clair. Alors : en
avant-plan on utilise beaucoup de contraste tandis qu’en arrière-plan on en
utilise peu.

Il est de grande importance de savoir que la couleur change en fonction de la
base sur laquelle elle se trouve. La couleur orange est différente sur une base
blanche que sur une base verte. Le vert sur une base rouge est tout autre que
sur une base blanche. Le bleu sur un fond jaune-orange donne un teint
beaucoup plus chaud que le bleu sur un fond blanc. Je peins sous tout ce qui
doit devenir vert, comme les arbres et les prés, toujours un fond rouge foncé.
Le fond des briques et des tuiles est mis en vert foncé et celui de l’air en
jaune-orange.

Il est bon de savoir qu’on peut obtenir avec la couleur grise – fabriquée à base
d’ultramarin bleu, terre d’ombre brûlée et blanc – de bons résultats. Quand un
tableau a l’air lourd on peut légèrement enduire les côtés de gris (qui est
sèchement mis sur une brosse de 7 cm.). Les points lumineux (jaune napolitain,
blanc ou orange) qui donnent la vie au tableau, je les mets en dernier lieu. En
plaçant un trait foncé sous un point lumineux, on agrandit l’effet.

Il est important qu’on n’élabore pas tout en détail. Quand toutes les briques
d’un mur sont élaborées en détail, l’ensemble ne sera pas agréable à regarder. Il
vaut mieux peindre quelques briques clairement et d’effleurer les autres. Le
spectateur accomplira l’image lui-même et il pensera qu’il voit toutes les
briques. Le peintre ne doit pas être tenté de peindre immédiatement ce qu’il
observe. D’abord il doit étudier la construction du sujet. Je partage le travail
qu’on consacre à un tableau en trois phases.


phase 1

phase 2

phase 3

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226.jpg (13465 bytes)

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L’ébauche et le dessin. Si le
dessin et l’ébauche ne sont
pas corrects, des problèmes
surgiront dans une étape
suivante auxquels on ne peut
pas remédier sans repeindre le
tout. C’est pourquoi on doit
prendre soin pour que tout se
trouve à l’endroit ou il doit se trouver et que la composition
soit en ordre.
 
Préciser et terminer
l’ébauche. Parfaire le dessin
avec un pinceau n° 10,
apporter plus de lumière et
remplir les espaces foncés
pour que le contraste
s’agrandisse. En peignant plus
de couleurs claires et foncées,
le tableau prend forme et on
peut commencer la finition.
 
  
La finition. La finition est de
grand importance parce qu’elle
est déterminante pour ce que
le spectateur voit à la fin.
Contrairement à l’ébauche on
peut, si le résultat n’est pas
satisfaisant, toujours apporter
des améliorations.
 
 
 
 

Un grand artiste a dit un jour qu’il regardait ses oeuvres comme si elles avaient
été peintes par son pire ennemi. Ceci me semble exagéré, une attitude trop
critique tout comme une attitude trop laxiste ne sont pas recommandables non
plus. Au lieu de travailler interminablement à un seul tableau, j’essaie de tirer des
leçons de mes fautes et de les éviter dans un prochain tableau.

Quel est le meilleur jugement d’un tableau ? Une bonne mesure est de prendre
l’opinion d’un non-initié, quelqu’un qui est profane en la matière de la peinture.
Il est aussi bon de retourner le tableau ou de le regarder dans le miroir. Quand je
travaille longuement à un tableau, j’ai l’habitude de commencer quelque chose
de nouveau pour que je puisse, par après, regarder mon travail avec des yeux
frais.

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